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ROSA LUXEMBURG PREND LA PAROLE · RETRAITES PUBLIQUES

L’Union soviétique et la lutte pour les retraites publiques

La retraite n’est pas un cadeau des gouvernements. Les travailleurs l’ont conquise, et l’Union soviétique a fait de la sécurité dans la vieillesse un droit collectif.

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Les retraites publiques sont une victoire ouvrière. L’Union soviétique en a fait une responsabilité centrale de l’État socialiste : la sécurité dans la vieillesse devient un droit constitutionnel, les pensions sont financées collectivement et le départ intervient plus tôt que dans le premier régime allemand d’assurance vieillesse. Cet exemple change aussi le débat hors des frontières soviétiques. L’histoire des retraites est une lutte sur la propriété des richesses créées par le travail et sur le droit de vivre dignement après les avoir produites.

Les travailleurs imposent la question

Avant les systèmes nationaux, les travailleurs créent des sociétés de secours mutuel. Leurs membres cotisent selon leurs moyens pour affronter ensemble la maladie, les accidents et la vieillesse. Ces écoles de solidarité ne disposent cependant pas des ressources nécessaires pour protéger toute une classe. L’organisation ouvrière porte la protection sociale de l’atelier jusqu’à la politique publique. Recherche de l’OIT sur l’entraide et la sécurité sociale.

L’Allemagne adopte une loi d’assurance vieillesse en 1889. Le gouvernement de Bismarck cherche à attacher les ouvriers à l’État et à freiner leur radicalisation. L’âge normal de la retraite est de 70, après 30 ans de cotisations. Les travailleurs et les employeurs cotisent, avec une aide de l’État. C’est une concession réelle arrachée dans une société industrielle traversée de conflits. Assurance retraite allemande, histoire de la loi de 1889.

En 1898, la Nouvelle-Zélande instaure une pension financée par l’impôt. Modeste et soumise aux ressources, elle exclut les résidents chinois et d’autres populations asiatiques. Les débuts des retraites publiques posent aussi la question de qui a le droit d’en bénéficier. Ministère néo-zélandais de la Culture et du Patrimoine, loi de 1898.

La promesse soviétique devient un droit matériel

En 1917, le nouveau gouvernement soviétique annonce un programme d’assurance sociale pour tous les salariés et les pauvres des villes et des campagnes. Il inclut explicitement la vieillesse, la maladie, les accidents, la maternité et le chômage, propose de faire supporter les coûts aux employeurs et demande le contrôle des caisses par les assurés. Un programme révolutionnaire de protection sociale globale. Décret soviétique sur l’assurance sociale, 1917.

L’URSS inscrit ensuite les droits à pension dans la loi. En 1932, elle fixe l’âge de départ à 55 ans pour les femmes et 60 ans pour les hommes parmi les travailleurs couverts. L’article 120 de la Constitution de 1936 reconnaît le droit à la sécurité matérielle dans la vieillesse. La loi de 1956 sur les pensions d’État consolide les pensions de vieillesse, d’invalidité et de réversion pour les ouvriers et employés. Elle prévoit un financement par le budget de l’État et les cotisations sociales des entreprises, sans retenue sur le salaire des travailleurs. La pension est un droit collectif sur la production sociale, pas le solde d’un portefeuille individuel. Fonds social russe, histoire des retraites; Constitution de l’URSS, article 120; loi de 1956 sur les pensions d’État.

La loi de 1964 étend les pensions d’État aux membres des fermes collectives. Elle fait entrer les producteurs ruraux dans l’engagement de l’État à garantir un revenu dans la vieillesse : une extension majeure du système soviétique. Loi de 1964 sur les pensions des membres des fermes collectives; Recherche historique sur les réformes de 1956 et de 1964.

L’Europe doit répondre à l’alternative socialiste

L’exemple soviétique franchit les frontières. Des recherches sur les suites de 1917 montrent que le défi révolutionnaire contribue à pousser les élites des pays capitalistes aux concessions sociales. Après 1945, la concurrence des systèmes façonne les politiques sociales ouest-européennes. Dans l’Allemagne divisée, la grande réforme ouest-allemande des retraites de 1957 améliore les pensions face à l’alternative socialiste voisine. L’URSS compte par ses droits sociaux réels, mais aussi par la pression politique qu’elle exerce sur des gouvernements confrontés à leurs propres travailleurs organisés. Rasmussen et Knutsen, Reforming to Survive; Petersen, Mioni et Obinger, The Cold War and the Welfare State in Western Europe.

Un droit toujours disputé

Remplacer une pension publique garantie par un compte individuel géré pour le profit renverse le principe de sécurité collective. Les performances des placements, les frais et les carrières interrompues pèsent davantage sur la personne qui part en retraite. Entre 1981 et 2014, 30 pays privatisent partiellement ou entièrement leurs retraites publiques obligatoires. En 2018, 18 ont fait marche arrière, totalement ou partiellement, selon l’Organisation internationale du travail. OIT, Reversing Pension Privatization.

La lutte continue : plus de 165 millions de personnes ayant dépassé l’âge de la retraite ne perçoivent toujours aucune pension. La réponse est d’étendre le droit public, y compris aux carrières précaires et aux personnes ayant assuré des soins non rémunérés, plutôt que de livrer davantage l’avenir des travailleurs aux marchés financiers. OIT, Rapport mondial sur la protection sociale 2024-2026.

Les travailleurs ont créé les richesses. Ils ont conquis le droit à la retraite. Ce droit leur appartient : défendons-le.

Rosa Luxemburg a été assassinée en 1919. La représenter évoquant des événements ultérieurs relève d’une mise en scène créative, pas d’un témoignage historique. Fondation Rosa Luxemburg, biographie.

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